Sorte de journal de bord qui peut aborder tous les sujets qui font écho à mes préoccupations ou occupations du moment.
En recherchant des précisions sur Theodor Reik, psychanalyste contemporain de Freud, je suis tombé sur un article de Jean-Claude Christian, psychanalyste français contemporain, sur la polémique dont le premier avait fait l'objet en 1925.
Je rappelle brièvement les faits : Reik, non médecin, avait été cité en justice pour charlatanisme par un client mécontent. A cette occasion Freud avait pris sa défense.
J'ai réagi à l'article de JC Christian à cause de sa phrase inaugurale : "L'affaire Reik est un exemple remarquable de ce que la psychanalyse déclenche comme résistance agressive." (C'est moi qui souligne).
Une dernière précision sur le terme d'oxymore employé ci-dessous. C'est un mot rare qu'on ne trouve pas dans tous les dictionnaires et qui consiste en la juxtaposition de deux mots de sens opposé ou contradictoire, dans un but généralement rhétorique ou poétique. Un des exemples les plus célèbres est un ver de Corneille dans le Cid : "Cette obscure clarté qui tombe des étoiles." C'est une licence qu'on accorde au poète mais qui est plus gênante quand on prétend faire oeuvre scientifique comme le revendique la psychanalyse.
Voici donc le texte que j'ai écrit en réponse au texte incriminé de JC Christian..
"résistance agressive" est un oxymore. Selon le Littré c'est une : "action par laquelle on essaie de rendre sans effet une action dirigée contre soi".
L'agresseur n'est donc pas celui qui résiste, mais celui qui est à l'origine de la résistance. Ce petit point de linguistique réglé - mais il a son importance pour une discipline basée
essentiellement sur le langage - j'en viens à l'objet véritable de mon intervention, à savoir la résistance que vous invoquez. Ce mot ne manque pas d' apparaître dès que la psychanalyse est mise
en cause et quand tous les arguments sont épuisés le mot est lâché qui invalide l'interlocuteur et clôt la discussion. Une autre façon de clouer le bec à l'adversaire est de lui dire qu'il ne
sait pas de quoi il parle puisqu'il n'a pas été analysé. Et voilà pourquoi votre fille est muette...
Je fais donc preuve ici d'une résistance d'autant plus rédhibitoire que j'appartiens à l'élite qui a eu la bonne fortune (au sens littéral du terme !) d'avoir eu droit aux honneurs du
divan...